L'impuissance

La souffrance a été trop forte. Elle s'est imprégnée dans mon corps. La petite fille que j'étais avait mal et ne savait pas le dire, alors elle encaissait, elle enfouissait, elle gardait au fond d'elle toute cette douleur...

Aujourd'hui, la femme est l'enveloppe de la petite fille qui n'a pas réussi à exorciser son passé. L'adulte porte encore en elle les traces d'un autrefois qu'elle n'a pas réussi à gérer.

La douleur n'a pas d'odeur, elle s'inscruste en nous et déchiquète nos repères. Il faudrait savoir l'apprivoiser, l'accepter, en faire une amie... Peut-être acceptera-t-elle un jour mon pardon pour l'avoir détestée sans même tenter de la comprendre.

Trouver les mots pour lui parler, pour l'apaiser, pour la freiner. Cette douleur s'est inscrite en lettres de sang sur mon corps, dans mon corps et je l'ai faite mienne sans même lutter, me conditionnant dans ce qu'elle m'apportait de négatif.

Comment faire pour la décrire ? Comment faire pour lui donner une consistance, une couleur, une réalité aux yeux des autres ?

Peut-être finalement n'est-elle que le schéma d'une pensée surgissant du fond de notre cerveau et qui prend vie ? Serait-ce si simple ? Serait-ce si facilement explicable ?

N'existerait-elle que parce que nous lui donnons du crédit ?

Mais alors, pourquoi ? Où chercher la réponse à cette soi-disant volonté de nous faire mal à nous-mêmes ? Serions-nous fous, ou hypnotisés par des croyances erronées ? Comment accepter, le matin en se levant, d'avoir mal ? Cette simplicité est dérangeante.

Pour ceux qui souffrent dans leur chair et dans leur âme, réduire la douleur à un schéma est affolant.

Souvent, la douleur physique nous amène vers la douleur de l'âme, car un processus de questionnement se met en place.

Pourquoi et comment ? Pourquoi moi ? Pourquoi ça ?

Pourquoi la douleur nous ramène-t-elle à l'état de l'enfant que nous étions et qui cherchait constamment sa mère ? Le besoin d'être protégé, aimé, rassuré.

On prétend que la maladie est créée par la pensée? Mais est-ce la pensée aussi qui meurtrit notre corps par ces souffrances parfois si aiguës ? qui nous réduit à l'état si fragile et si humble de n'être plus rien face à cette douleur lancinante ?



Article ajouté le 2007-01-14 , consulté 97 fois

Commentaires


cascadeuse le 12/04/2007 à 23:50:39
bonsoir,
la douleur elle peut être minime mais très importante selon le corps qui l'accepte.
toutes les douleurs sont souffrances qu'elles soient minimes ou importantes.
notre corps accepte si nous la laissons pas nous dominer.
elle peut être à la fois morale ou physique mais qu'elle importance ! puisqu'elle se nomme douleur et nous fait souffrir.
si nous l'apprivoisons, nous arriverons à la gérer et ne pas la laisser nous dominer.
il suffit aussi de croire en son corps et son mental pour pouvoir atténuer la souffrance.
notre corps a ses limites et nous le fait savoir en criant de douleurs lorsqu'il en peut plus.
il faut l'écouter il sait que vous le ferez car il vous aime.
je sais ce qu'est la douleur je la vis au quotidien mais j'ai appris à la gérer même si parfois elle prend le dessus je renonce pas.
amitiés
lemondedecascaview.blog4ever.com
numa le 28/05/2007 à 12:36:03
C'est magnifique!Quelle vérité!Tu vas au plus profond de la chose et en tant que malade, douloureuse, je me reconnais totalement dans tes mots. Le début et la fin sont si vrais;;;
Bravo!
Bia le 12/06/2007 à 14:07:58
De l'émotion dans chaque phrase, chaque mot... un texte puissant... Merci !
Vie site : flamm.over-blog.fr | le 09/02/2009 à 20:38:24
Bonsoir Carolina,
" La femme est l'enveloppe de la petite fille qui n'a pas réussi à exorciser son passé.
L'adulte porte encore en elle les traces d'autrefois qu'elle n'a pas réussi à gérer. "

Ta réponse est peu-être là, dans tes propres mots.

Nous ne sommes pas responsable de notre passé, si nous ne pouvions pas faire autrement.
Par contre,nous sommes responsable de notre présent. Maintenant nous pouvons nous défendre, nous protéger, grâce à notre pénible vécu.

Avant, pendant, après, la douleur nous colle au coeur et brise nos fragiles instants de joie et de bonheur.

Il existe des gens qui allègent la douleur.
J'ai moi même passé 7 longues et difficiles années en thérapie confrontante, et je me suis sauvée la vie!
Il suffit de rencontrer la bonne personne et de vouloir vraiment sortir de la douleur.
Pas du tout évident lorsqu'on la côtoie depuis trop longtemps.



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