Toi, l'enfant qui n'est pas né

J'aurais pu te garder dans mon sein, dans mon ventre

j'aurais pu oublier les peurs qui m'habitaient

mais toutes ces décisions qu'il m'aurait fallu prendre

résonnaient dans mon âme comme autant de boulets

 

J'aurais pu t'enseigner les senteurs de l'hiver

j'aurais pu te montrer comment sent le printemps

mais tous mes beaux espoirs se changeaient en galère

quand ton père, par un mot, me vidait de mon sang

 

Il n'a pas su trouver les gestes amoureux

pour apaiser ma peine et noyer ma douleur

du haut de sa conscience, il a fermé les yeux

ne se doutant qu'à peine qu'il me crevait le coeur

 

Aujourd'hui, je ne suis plus rien qu'une ombre morte

une pauvre silhouette sans nom et sans âme

un triste pantin qui s'effiloche

que l'on suspend à une porte

et qui n'a plus rien d'une femme

 

Aujourd'hui, je ne suis plus rien qu'un coeur blessé

qui traîne au hasard des chemins

une marionnette désarticulée

sans plus aucun geste sensé

et dont personne ne se souvient ...



Article ajouté le 2007-01-13 , consulté 63 fois

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